• 13 avr. 2024

Another Future - défilé au Festival International des Jeunes Créateurs de Mode de Dinard.

  • Alexis Faure
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Dessiner une collection de vêtements un an avant qu’elle soit portée ressemble à prédire l’avenir et parfois même à écrire un scénario  de science-fiction.

Pour dessiner cette collection, j’ai voyagé sur le fil du temps, afin de comprendre l’approche avec laquelle hier on imaginait aujourd’hui, et ainsi définir une vision de demain.

 J’ai d’abord visionné des images d’Epinal, datant de 1910, qui représentaient l’an 2000. Beaucoup d’entre elles étaient comparables à mes rêves d’écolier se projetant 15 ans plus tard. Cette époque est maintenant derrière nous et même si beaucoup de choses ont changé,  je constate que la réalité est loin de dépasser la fiction.

Plus récemment, alors que je m’orientais vers une collection futuriste, j’ai visionné le film Métropolis. L’histoire d’une élite jouissant, à la surface de la terre, du travail produit dans l’ombre par le reste de la population. Jusqu’à ce que cette dernière se révolte et détruise l’outil qui leur permettait de vivre toutes les deux. Ces images illustrant le monde, un siècle après leur tournage, m’ont rappelé la réalité actuelle d’un monde stratifié.

M’est alors revenu à l’esprit, le leitmotiv des jeunes punks, alors que j’étais encore sur les bancs de l’école : « NO FUTURE ». Ce qui ne signifiait pas un appel au suicide collectif, mais un refus catégorique du futur qui leur était proposé et qui ressemblait à celui imaginé par Fritz Lang en 1927.

D’autre part, il y a déjà plusieurs siècles, la fin du monde nous a été annoncée pour 2012. Dans ce contexte, est-il vraiment utile de réfléchir à la tenue qu’on portera ce jour ?

En effet, chaque jour, les actualités tendent à confirmer la prédiction de Nostradamus. Le réchauffement climatique du à l’activité humaine induit des catastrophes, des famines… Le fait d’arriver au bout des ressources pétrolières crée des conflits et des crises économiques. D’autre part, nous venons de passer la barre des 7 milliards d’habitants sur terre. Cette nouvelle engendre une question : les ressources de la planète seront-elles suffisantes ?

Cependant, comme le soulignait Claude Lévi-Strauss, « les drames contemporains trouvent leur origine dans la difficulté croissante à vivre ensemble, […] avant même que les ressources ne viennent à manquer ». 

Ce n’est donc pas à la fin du monde qu’il faut s’attendre, mais plutôt à la fin d’un monde. Aussi, je pense qu’un autre avenir est à inventer, c’est pourquoi j’ai décidé d’intituler cette collection « ANOTHER FUTURE ».

La technique

Alors que je suivais une formation de modéliste, j’ai eu la chance de rencontrer Geneviève Sevin Doering. Cette créatrice costumière m’a fait part de la méthode qu’elle a développé dans les années 70. En effet, inspirée par les kimonos japonais, les saris indiens et d’autres habits traditionnels, elle construit les volumes de ses vêtements en un seul morceau de tissu.

Partant du constat que le corps humain n’est pas plat, elle s’éloigne des coupes académiques face / dos, en évitant les coutures d’épaule et de côté. Cette approche non conformiste et visionnaire offre aussi un meilleur confort de mouvement.

Sur ses traces depuis maintenant quatre ans, je perfectionne ma technique, sans encore  réaliser systématiquement les vêtements en une seule pièce.

Les couleurs

Les couleurs évoquent, sur les premières silhouettes, un univers industriel sombre et fatigué. Puis, la lumière et les tons plus clairs surgissent de manière brusque pour signifier un changement, une rupture, un renouveau.

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